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Pourquoi ai-je voté contre le projet de loi bioéthique

Depuis plus de deux ans, le Parlement travaille sur le projet de loi bioéthique. Plusieurs dispositions ont pour ambition d'inscrire dans le droit les innovations médicales et technologiques de ces dix dernières années, je pense par exemple aux dons d'organe et de sang, ou encore, aux traitements de données issus de l'intelligence artificielle.

La révision des lois bioéthique a été l'occasion de porter un sujet de société, l'élargissement de l'accès à l'assistance médicale à la procréation, dite procréation médicalement assistée (PMA), aux couples de femmes et aux femmes célibataires. Également la reconnaissance in fine de la gestation pour autrui (GPA) réalisée à l'étranger a été votée.

Dès le début d'année 2019, j'avais tenue à organiser un atelier citoyens avec les habitants de la circonscription à Drumettaz-Clarafond afin de travailler en amont du projet de loi. Beaucoup d'inquiétudes et de questions étaient apparues, malheureusement celles-ci n'ont pas été levées lors des débats à l'Assemblée nationale.

La marche de la bonne conscience, animée par la volonté d’accomplissement des libertés individuelles s’accélère toujours plus, et aucun retour en arrière ne sera possible. À l’écoute attentive des auditions et des débats, de trop grands doutes subsistent :

  • d’une nouvelle filiation où les racines n’auraient plus la même signification ;

  • de l’aberration de donner à une femme seule ce qui serait refusé à une veuve ou à un couple d'hommes ;

  • de l’augmentation de la demande de gamètes menant inexorablement vers une marchandisation du corps humain.

L’Etat n’est plus dans son rôle lorsqu’il exauce les caprices individuels. Il en sera de sa responsabilité si davantage d’individus ne se reconnaissent pas dans cette société du toujours plus. Et il en sera de sa responsabilité, si le communautarisme s’étend toujours plus.

La PMA avait initialement pour ambition d’accompagner les couples malades mais il n’est plus aujourd’hui question de rétablir la nature, mais de s’en arracher.

Pour ma part, je refuse une société qui se soustrait à ses origines et où l’individu prime sur le collectif. C'est pourquoi, je suis opposée à l’élargissement de la PMA, j'ai donc voté contre le projet de loi bioéthique le 29 juin dernier.